Histoire de littérature

Depuis une trentaine d’année, la littérature de jeunesse ne cesse de prendre une place de plus en plus importante dans les sphères culturelle, scolaire et éducative. Sur le plan économique, jamais autant de livres pour enfants n’ont été publiés en France (plus de 8000 titres par an). Dans cette jungle de papier, comment parvenir à avoir encore des repères ? Une approche historique permet de poser quelques jalons déterminants pour mieux saisir les enjeux de la production pour les enfants.


Avant le XXe siècle

Les écrits ont évolué en fonction du statut de l’enfance. A l’exception de quelques productions élitiste aristocratiques, les contes et les fables ainsi que les premiers écrits pratiques et éducatifs (abécédaires, imagiers, bestiaire, calendriers), ne sont pas spécifiquement destinés aux enfants. C’est au XVIIIe en Angleterre et au XIX en France qu’apparaissent les premières traces d’édition et de littérature pour les enfants. L’essor industriel et international de l’édition va alors développer la diffusion large et bon marché d’une littérature populaire dont fait partie les écrits pour enfants.


Révolution et pédagogie

L’implantation de l’école républicaine va générer des écrits spécifiques pour les enfants en situation d’apprentissage. Au début du XXe siècle, elle va aussi provoquer une opposition politique forte qui va chercher à publier des textes plus ouverts à la vie sociale mais aussi à l’imaginaire et aux univers enfantins (Les albums du père Castor). L’arrière plan révolutionnaire va avoir son importance : l’édition russe puis soviétique et l’édition anglo-saxonne vont développer deux écoles de graphisme et d’écriture correspondant à deux conceptions de l’imaginaire enfantin encore présents dans la production contemporaine.


Des années 60 à aujourd’hui

Les années 60 voient naître en France de grands auteurs-illustrateurs fondateurs tels que Tomi Ungerer ou Maurice Sendack (traduit de l’américain). Les ‘‘écrivains’’ vont alors commencer à s’intéresser aux textes pour enfants. Le courant libertaire de 68 (Harlin-Quist et François Ruy-Vidal) va poser les bases d’une édition pour la jeunesse en recherche parfois paradoxale de valeurs à la fois subversives et éducatives que l’on retrouve dans la production contemporaine.

La lecture d’albums récents permet de retrouver des traces de ce rapide parcours historique.